Louis Valtat entre à l’école nationale des Beaux Arts en 1888. Ses deux professeurs, Boulanger et Lefèvre, donnent aussi des cours à l’Académie Julian. Il complète ainsi sa formation dans cette académie libre que fréquentent Bonnard, Ker Xavier-Roussel, Albert André… Valtat possède une certaine influence sur les peintres de sa génération. Il les entraînera hors de l’Académie pour se retrouver rassemblés aux Indépendants ; parmi eux, Maurice Denis et Bonnard. Lauréat du Prix Jauvin d’Attainville de 1890 sous le parrainage de Benjamin Constant, son professeur à l’école nationale des Beaux Arts, Valtat expose pour la première fois au Salon des Indépendants de 1893 six œuvres, dont « Sur le boulevard ». A l’époque, il est le voisin d’atelier d’Albert André et de Georges d’Espagnat, où il côtoie les Nabis soutenus par les frères Natanson dans La Revue Blanche. Valtat expose des bois gravés dans les salons de la revue La Plume et publie des estampes dans le journal La Critique. C’est également l’époque où il participe, avec Albert André et Toulouse-Lautrec, à la réalisation des décors du Charriot de Terre Cuite, un drame sanskrit joué en 1895 au théâtre de l’œuvre de Lugné-Poe. Aux œuvres de la période parisienne succèdent les vues et scènes hautes en couleurs du Bassin d’Arcachon que Valtat envoie au Salon des Indépendants de 1896. Lors de ce séjour méridional, Valtat fait la connaissance de Georges Daniel de Monfreid, l’ami et correspondant de Gauguin, ainsi que de Maillol qui se consacre alors à la tapisserie à Banyuls. Les excursions et séjours dans la région annoncent la période d’Agay (1899-1915) où notre peintre achète une villa suspendue à la vallée de porphyre rouge.
A partir de 1900, Vollard devient son marchand attitré. Il participe pour la première fois au Salon de la Libre Esthétique à Bruxelles avec Signac, les effets du soleil sur les bords de Méditerranée deviennent les motifs privilégiés de son œuvre. Fréquentes sont alors les visites qu’il rend à Signac dans sa villa de Saint Tropez ainsi qu’à Renoir installé à Cannes. Les côtes du Midi comme les côtes de Normandie dont il est originaire et où il aime à revenir (particulièrement après 1925) sont l’occasion pour l’artiste de renouveler la leçon de ses maîtres et d’inaugurer un nouveau rapport à la lumière et à la couleur. Cette recherche triomphe au Salon d’Automne en 1905 où Valtat expose avec Matisse, Derain, Vlaminck et les autres fauves ainsi baptisés par Louis Vauxcelles. Un an plus tard, Valtat envoie au Salon d’Automne de 1906 des oeuvres qui interpellent encore la critique. La revue L’Art et les Artistes fait observer que « Valtat […] entasse la couleur et fait pétarader des fleurs sur des tapis rouges ou jaunes ». En 1906, Vollard suggère à Valtat, Bonnard, Maillol, Rouault, Matisse, Derain, Vlaminck… de décorer les faïences stannifères du céramiste André Metthey. Valtat excelle dans ce travail ornemental (silhouettes polychromes plantureuses sur fond blanc). Il apprécie également la sculpture où ses talents de portraitiste s’imposent. Il réalise en plâtre les bustes de ses proches dont certains sont coulés en bronze. Ainsi le buste de Cézanne sera fondu vers 1915, l’année où Valtat cède au marchand « le droit de reproduction ».Vollard offre le buste à la ville d’Aix en Provence au milieu des années 1920.
A l’époque où son œuvre peint est montré à l’étranger et où le collectionneur russe Ivan Morosoff acquiert plusieurs de ses toiles (conservées dans les collections de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg), Vollard lui consacre une exposition en 1909.
« Louis Valtat a réuni une cinquantaine de ses œuvres. Sa féconde imagination décorative, la force de ses paysages provençaux, la sonorité de ses marines bleues, la vigueur synthétique et le charme prenant de ses figures de femmes lui ont conquis un succès que ce fier artiste mérite ».
Louis Vauxcelles
Après 1911, suivant les conseils de Vollard, il expose régulièrement chez Druet et Bernheim Jeune. En 1915, il emménage rue de Wagram avec sa famille : les lacs du Bois de Boulogne et les figures affairées des couturières de l’atelier qu’il voit de sa fenêtre se retrouvent fréquemment dans les œuvres de cette période. Interrompu pendant la guerre, le Salon d’Automne reprend en 1919. Valtat y est de nouveau fidèle. Il est chargé en 1924 d’en créer l’affiche, la couverture du catalogue et les invitations.
En 1927, après lui avoir acheté deux œuvres, l’Etat le remercie pour sa participation à la promotion de l’art français à l’étranger en le nommant Chevalier de la Légion d’Honneur. A partir de cette époque, Valtat multiplie les séjours dans la Vallée de Chevreuse près de Paris, où il a acheté une propriété boisée, ainsi qu’en Normandie où il retrouve la lumière de la mer et du nord.
Après la seconde guerre mondiale, il rejoint l’atelier de l’avenue de Wagram. Il est atteint de cécité mais il continue de peindre de vives natures mortes de fleurs et de fruits sur fond de draperie. Il expose à Paris (Galerie de l’Elysée, Galerie Charpentier, Galerie Durand-Ruel), à New York au Whitney Museum en 1947 pour l’exposition « Painting in France, au Musée National d’Art Moderne de Paris en 1851 parmi les fauves de la rétrospective sur « Le Fauvisme ».
Au Salon d’Automne de 1852, quelques mois après sa mort, le critique René Domergue et le peintre René Demeurisse lui rendent hommage.
Catalogue de l’exposition Louis Valtat, Les Baux de Provence, Musée Yves Brayer, Eté 2010.
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