Louis Mathieu-Verdilhan est né le 24 novembre 1875 à Saint Gilles du Gard. De famille protestante, son père est maître-cartonnier, et sa mère, Louise Vallat, est arlésienne et serveuse des félibres au restaurant de l’Ile de la Barthelasse à Avignon. Louis-Mathieu aura deux sœurs et un frère, André né en 1881 qui sera sculpteur puis peintre.
Les parents de Verdhillan quitte le Gard en 1877 pour s’installer à Marseille, aux Chartreux. Louis-Mathieu n’est pas un bon élève. Il traine d’un métier à l’autre, vend des programmes pour le music-hall.
En 1890, il est apprenti chez un peintre en bâtiment. Il commence à dessiner et à peindre sur les conseils de Giraud la pipe. En 1895, il installe son atelier au 12 rue Fort Notre Dame à Marseille. A partir de 1898, il fait de fréquents séjours à Paris et travaille pour le décorateur Karbowski.
En 1900, il perd l’œil gauche au moment où commence sa première exposition chez Braun. Il y trouvera son premier client suivi, le pharmacien Edmond-André Lieutier. A partir de 1900, il expose régulièrement au Salon des Indépendants et aura toujours un atelier à Paris.
De 1900 à 1902, il peint autour de Versailles et admire Van Gogh, Monticelli, Manet, Carrière, Vélasquez, Cézanne, Le Greco.
Le 25 mars 1905, il expose à Marseille au Petit Palais du Prado. Il y rencontre M. Latil, collectionneur toulonnais, qui lui achètera beaucoup de toiles. Il forme à cette époque le « Groupe du Poteau » car ils avaient l’habitude de se retrouver tous les soirs sur la Canebière près d’un poteau : Louis-Mathieu accompagné de M. Tournière, Raoul Bataillard, Léonce Guerre, l’abbé Cabasson, Léon Mouche, Ernest Rouvier, Eichacker, Louis Audibert, Berthet, Lombard.
De 1907 à 1909, Louis-Mathieu partage son temps entre Allauch chez l’abbé Cabasson et Paris chez Louis Audibert. Il sera mobilisé pendant tout le conflit dans le service auxiliaire de Toulon.
En 1916, Louis-Mathieu abondonne le bleu profond et le nabisme. Il commence à cerner de noir. Albert Marquet fait plusieurs séjours à Marseille où il possède un atelier quai de Rive-Neuve et Verdilhan le rencontre. Louis-Mathieu fera une exposition de ses dessins et aquarelles dans l’atelier parisien de Marquet au quai Saint Michel. Il fréquente Bourdelle et André Suarès. Il ouvre un atelier 9 rue Campagne Première et la garde jusqu’en 1928.
En 1919, Verdilhan est démobilisé. Il est soigné à l’Hôpital d’Aix en Provence pour une grippe espagnole.
Le 6 mars il épouse Hélène Casile, fille du peintre. Il va alors peindre beaucoup plus de paysages : Lascours, Roquevaire chez M. le curé Cabasson, Toulon, Sanary, Cassis, Aix en Provence.
Puis la conscration. Du 22 octobre au 15 décembre 1922, Verdilhan expose à Paris à « La Licorne ». Il succède à Rouault grâce à Bourdelle. Il fait la rencontre de Marcel Bernheim et du Dr Girardin qui lui propose aussitôt un contrat. Mais Verdilhan refuse par deux fois, il ne peut admettre la contrainte. En 1923, il expose à New York dans la Galerie Kraushaar. En 1925, il décore le pavillon de la Provence à l’exposition des Arts Décoratifs. En 1926, Bourdelle lui fait obtenir un panneau décoratif pour l’Opéra de Marseille.
Mais Verdilhan est malade, à la fois tuberculeux et cancéreux. Il est recueilli à la Pomme, près de Marseille, chez le Dr Simon. Il meurt le 15 novembre 1928.
Les colères de Louis-Mathieu Verdilhan étaient véhémentes. Il ne supportait pas la critique. Impitoyable envers lui-même, mécontent de ses œuvres il brûlait celles qui ne le satisfaisaient pas. Jusqu’en 1902, ses toiles sont principalement construites avec du bleu. Puis pendant une dizaine d’années il complète ce bleu par quelques éclats de couleurs en pleine pâte à la manière des Nabis. Puis en 1916 il rencontre Marquet et le blanc et les tons clairs envahissent progressivement les surfaces qu’il commence à cerner. A partir de 1918 et jusqu’à sa mort, il peindra de plus en plus épuré ne cherchant plus que le ton et la courbe essentielle.
Peignant ses dernières toiles, il disait à sa femme : « Je n’y mettrai plus rien et il y aura tout ! »