Autodidacte, Philippe Pasqua se distingue par une peinture figurative singulière. La peinture de Pasqua est reçue comme un choc physique, une vision d’une précision chirurgicale. Sa vision du monde et de l’homme interpelle, dérange. Visages et corps nus se matérialisent dans la couleur avec sincérité, révélant toute la vulnérabilité de l’être humain : la figure humaine est représentée avec la franchise du réalisme et l’intensité de l’expressionnisme.
Sur des toiles monumentales, il réalise ses tableaux par couches successives. Patiemment, quotidiennement, la peinture prend vie sur d’immenses toiles. Solitaire, il travaille dans son atelier et adopte une démarche unique : l’observation du monde à travers des photos de modèles en cadrage gros plan et contre plongée.
« Chez Philippe Pasqua, à l’exception de quelques œuvres monumentales exposées à l’air libre, tout est sous verre : à distance, à la fois intouchable et parfaitement invisible. Dessins, peintures, sculptures : à chaque fois, nous retrouvons le même dispositif qui isole et dévoile le travail. Les tableaux et les œuvres sur papier sont tous encadrés de la même manière : une baguette blanche large et épaisse semblable au montant d’un aquarium ou d’une caisse et une vitre en plexiglass. Les sculptures et les objets sont eux présentés sur des socles rectangulaires ; des sortes de monolithe blanc, noir ou semblable à des miroirs. L’objet lui-même est installé sous une cloche de plexiglass ou de verre. Ces dispositifs ne sont pas des accessoires de l’œuvre, ils en font partie intégrantes, de même que les cadres dorés et la plaque de verre qui la recouvre font partie de la peinture de Francis Bacon, les aquariums font partie intégrante des sculptures de Damien Hirst ou les vitrines des installations de Joseph Beuys ou de Chen Zen. Et ces références ne sont pas non plus le fruit du hasard : obsession du corps en peinture chez Bacon, obsession de la mort et du corps physique chez Hirst, fascination pour les propriétés psychiques, symboliques et guérisseuses de la matière et corrélativement du pouvoir transformateur de l’artiste-shaman ou médecin chez Beuys et Chen Zen. Une triple détermination du désir, de la pensée et des affects de l’artiste qui l’ont conduit à développer une œuvre en tout point singulière. » Citation de David Rosenberg, Paris, 24 septembre 2009
« L'œuvre de Pasqua nous oblige à affronter une réalité, à ne plus simplement l'observer, mais, mieux encore, à la ressentir dans nos tripes. » Maïa de Martrin, journaliste, Beaux Arts magazine hors série sur Philippe Pasqua.
« La peinture de Pasqua est une peinture coup de poing, tant par ses sujets que par la manière, furieuse, obstinée, dont il les traite, une peinture qui nous questionne et déstabilise l'image qu'habituellement nous nous formons des réalités qui nous déplaisent par leur violence ou leur essentielle incongruité et que notre foncière pudibonderie nous conduit à "euphémiser", ainsi, par exemple, de la transsexualité ou de la trisomie.
Pasqua nous dit que dans tous les états de la chair, dont il exalte les métamorphoses, il y a de la beauté. Que celle-ci doit se manifester telle qu'en elle-même et par-delà le bien et le mal. Comme avant lui Bacon ou Freud, dont il a beaucoup médité l'obstiné travail de destruction-reconstruction du réel, il nous dit encore, surtout, l'essentielle étrangeté du monde et de la figure humaine. » Extrait de Philippe Pasqua, édition La Différence, 2005.
Les sculptures
Philippe Pasqua travaille également en tant que sculpteur sur des crânes humains ainsi que des crânes d’hippopotames. Le thème des vanités si superficiel en soi devient alors une exploration profonde. Après avoir longtemps fouillé la chair, l’artiste se penche sur la réalité de l’os. Certains crânes peuvent être recouverts de feuilles d’or ou d’argent, gainés de peaux animales tatouées ou enduits de peinture liquide. L’étape finale est le déploiement d’une nuée de papillons naturalisés. Ailes déployées, couleurs vibrantes, la lumière de l’éphémère magnifie l’ombre des orbites évidées
Galerie David Pluskwa - 304 rue Paradis
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